(C’est long, je sais. Car j’accuse, vraiment.)

Je m’en excuse, mais cet article ne plaira pas beaucoup, à commencer par ceux qui ne jurent continuellement que par les masques et les gestes barrières, qui leur offrent en sacrifice toute chose vivante dans ce pays, qui adressent continuellement des reproches à leur prochain qui le refuse, et se vautrent finalement au pied d’un veau d’or qui ne se célèbre que par injonctions et culpabilisations. Il est préférable que ces gens passent leur chemin. Ils seront empêchés de comprendre cet article, m’accusant outrageusement d’orgueil, car qui suis-je si ce n’est un croyant et citoyen qui observe son pays aller à la dérive, son esprit en alerte et sa foi en Dieu ? Lorsqu’un pays vit une époque telle que la nôtre, ceux qui suivent le sens du vent ne sont finalement que peu utiles à la compréhension des choses, à la proclamation si subversive de l’évangile et donc à la transformation du monde pour le meilleur.

Ici, on s’adresse à ceux qui aiment Dieu et leur prochain, qui se laissent percuter par l’Evangile, qui accepteront de reléguer leur train-train de catholique « propre sur lui » pour s’interroger sur ce qui se passe depuis le mois de Mars 2020, qui acceptent de voir, avant même de se demander si quelque chose est légal ou non, quelle en est la légitimité face à Dieu, la seule qui vaille en premier lieu, puisque c’est d’elle que découle la légitimité des hommes, la charité véritable, et la voie du salut individuel et collectif.

Cet article est long mais nécessaire, à qui veut bien entendre et se sentir visé.


Il était une fois une épidémie, comme des dizaines d’autres dans l’histoire, bien moindre en intensité par ailleurs, dont on savait déjà assez de choses en Mars 2020 pour faire des choix éclairés, prudents, appuyer des décisions adéquates et mesurées, s’interroger sur la bonne foi de ceux qui nous gouvernent, et avoir un temps d’avance sur la suite (non de l’épidémie, mais de ce qu’on s’autorisait à faire comme jamais auparavant pour la contrer). Cependant empreints de doutes, nous avons cédé à des croyances approximatives. Empreints de science, nous nous sommes précipités dans l’arbitraire. Empreints d’humanisme, nous nous sommes vautrés dans la déshumanisation. Empreints de droit, nous nous sommes délectés d’injustices. Empreints d’intentions vertueuses, nous nous sommes corrompus. C’est la triste histoire des hommes en 2020, chapeautée d’applaudissements, de cœurs gros comme ça et de bons sentiments.

On ne sait pas ce que donnera une épidémie, jamais. Ceux qui l’affirment à coup de multiples vagues sont des menteurs, aussi médecins soient-ils, dans des schémas de pensées simplistes et risibles, bien que plus personne n’ose leur dire. Du haut d’un savoir supposé et d’un prestige étouffant, ils affirment des choses ridicules, des semaines décisives, des bienfaits imaginaires, des vagues à n’en plus finir, incompatibles avec la connaissance scientifique et empirique des choses. A un instant donné, nul ne sait ce qu’une épidémie sera dans un mois, trois mois, un an. C’est le propre de l’épidémie, des catastrophes en général, et du monde dans lequel nous vivons que de nous surprendre, malgré le savoir qui ne cesse de croître. Il est bon et sain(t) de se le rappeler avant de plonger au cœur de mon sujet. Il est bon aussi de rappeler qu’on nous assaille continuellement de prédictions bien qu’on ne les nomme plus ainsi, les maquillant de pseudo-sciences et de pseudo-études. Quand elles prétendent décrypter l’avenir, elles sont une pollution à la pensée et à la connaissance, et il faut accepter de les laisser de côté, pour discerner avec plus de justesse.

Par essence, personne n’est responsable d’une maladie, pas plus d’une catastrophe naturelle. C’est un postulat de base, évident et pourtant oublié. Je parle là des réalités naturelles qui font que la maladie existe, se propage, s’arrête, mute et « fait sa vie » indépendamment de ce que nous pouvons essayer de faire. Il existe aujourd’hui une présomption de culpabilité quand une maladie se répand, ici matraquée pour soi-disant préserver la santé des gens, comme elle existera demain sur les ballotements de la planète. Mais ces culpabilisations ne devraient jamais être prononcées. Elles sont malfaisantes.

L’épidémie a lieu, c’est ainsi, et l’extraordinaire capacité d’adaptation de l’être humain qui s’échine à y faire face ne peut pas tout. Ce serait prétentieux et orgueilleux de le croire. Que cette situation humaine nous convienne ou non, elle est ainsi. Elle interdit quiconque à condamner quelqu’un d’en avoir contaminé un autre, ni à justifier des moyens à l’infini pour lutter. C’est injuste et terriblement malsain.

Beaucoup de faux prophètes se lèveront, et ils égareront bien des gens. À cause de l’ampleur du mal, la charité de la plupart des hommes se refroidira.

Mathieu 24, 11 -12

Vous écoutez beaucoup de gens qui s’expriment continuellement dans les médias. Ils vous assaillent, ils vous assènent, et vous matraquent de leur vérité qui égare, de leur vertu qui corrompt. Ce sont les mêmes depuis des mois, on a leur nom, on connait leur visage. Alors même qu’ils se sont continuellement trompés, et ont même affirmés des choses absurdes à vos oreilles, vous les écoutez, encore hier, encore aujourd’hui, encore demain. Ce sont vos faux prophètes modernes, et vous les écoutez, car dans la nature humaine, il existe cet instinct naturel pour la peur, espérant se protéger d’un danger avant qu’il n’arrive. Votre appétence pour leurs prophéties de malheur rend ces gens puissants à votre égard. Vous leur laissez sans même vous en rendre compte beaucoup de votre discernement, de votre libre-arbitre, de vos libertés quotidiennes, jusqu’à les laisser régenter vos propres vies.


Au mois de Mars, ces faux prophètes ont poussé le pouvoir en place à nous confiner. Le confinement généralisé en lui-même est une innovation médicale unique, en dépit du bon sens, comme tout ce qui va suivre, bien que vous le nierez. On savait bien avant qu’il fallait dépister les personnes symptomatiques en priorité, isoler les malades, les soigner du mieux qu’on pouvait. Le triptyque « dépister / isoler / tracer » est lui aussi une invention qui désormais s’est répandue partout. Glissement furtif vers un contrôle sur vous-mêmes, énième perversion de ces gens. Alors, les pouvoirs publics ont refusé l’aide des cliniques privées ou des laboratoires vétérinaires pour augmenter le dépistage et anticiper l’évolution de l’épidémie. C’était simple à comprendre, ils ne l’ont pas fait, et vous n’avez rien dit. Tout le monde n’est pas infectiologue, mais tout le monde pouvait déjà les écouter et discerner. Ce refus du pouvoir signe déjà son incompétence ou son paradoxe.

Mais il y a plus grave, Eglise de France, pour ton âme. Toi qui es chrétienne as choisi d’ignorer les multiples alertes concernant le traitement accordé aux plus fragiles. Les témoignages des personnes en EHPAD furent sidérants : on isolait les personnes âgées, on les nourrissait par plateau-repas qu’on glissait dans leur chambre, on les empêchait de voir leurs proches. Traités comme des pestiférés au nom du bien. Les personnes déjà isolées se sont trouvées livrées à elles-mêmes. Bien sûr, des samaritains ici ou là ne les ont pas complètement oubliées, mais à l’échelle de la société, ta parole chrétienne aurait eu un poids et aurait sonné déjà comme un avertissement face à la déshumanisation qui s’enclenchait alors. Quand on sait que le pouvoir ne fait rien de sage, mettant en balance les services hospitaliers avec le délaissement de gens fragiles, tu n’as rien dit. Tu savais déjà comment on traitait les plus faibles. Pourtant, toi, tout évêque, prêtre ou fidèle amoureux de Jésus que tu es : tu t’es tu ! Tu as failli à l’évangile, apeuré, envahi par les prophéties de malheur, et la peur de ce qu’allaient dire les autres, comme Saint Pierre fut terrifié qu’on le reconnaisse comme ami de Jésus auprès du feu. Tes amis, c’étaient eux.

En parallèle, tout le monde le savait aussi : l’économie allait sombrer pour de nombreuses années, et nous y sommes encore à l’anéantir davantage pour être sûrs et certains que la misère se répande partout en France. Les personnes pour qui leur activité était leur seul gagne-pain ont rogné leurs économies, essayant de limiter la casse dans cette période surréaliste. Pourtant, nous le savons encore plus aujourd’hui : le mal est fait, et bien fait. Au point que la misère se déploie à vive allure. Les premiers suicides ont déjà eu lieu. Ceux qui donnaient aux Restos du Cœur et au Secours Catholique un an plus tôt sont ceux-là même qui en ont besoin. Sont-ce là des petites gens trop loin de la foi pour que tu n’eusses aucun mot pour eux, et n’ais rien dit pour empêcher ce désastre ? Honte à toi de laisser les hommes devenir pauvres en silence, pour ensuite nous sommer de les aider et les aimer davantage. Tu portes le Royaume de Dieu en bandoulière : avec ce confinement, tu as failli doublement. Des pauvres, nous en auront toujours avec nous, surtout si tu te tais quand on en fabrique autant.

Non content de reléguer les faibles au second plan, tu as toi-même mis ta foi sous le boisseau. Tu le crois toujours d’ailleurs : l’autre est un danger, la messe est un danger. Quelle infamie plus grave et plus ignoble peut-on faire au Christ que de Lui affirmer que célébrer la Messe est une menace pour les autres ? Et quelle insulte à Dieu que de prétendre voir en l’autre a priori, sans rien en savoir, une contamination potentielle ? Insulte à Dieu, et insulte aux hommes. Jésus nous a appris l’exact contraire. Tu te vautres à nouveau dans les archaïques réflexes d’antan.

Tu as renié les faibles, et ta foi, mais ce n’était visiblement pas suffisant.

Son sommet même, la célébration de Pâques, où rappelons-le, Jésus a donné sa vie pour toi, tu t’es assis dessus comme on annule une partie de sport, une sortie au restaurant ou un dîner entre amis, reléguant la chose au rang des considérations secondaires. Pour un virus.

Dieu que tu m’as fait mal à ce moment-là, et je doute que Dieu lui-même en ait pris son parti. Lui seul en jugera, mais la peur d’altérer le corps a distendu ton âme : Pâques s’est virtualisé, éthéré, comme si la sagesse des hommes était celle de Dieu.

Chère Eglise, je te pardonnerai un jour sans doute, quand toute cette folie aura cessée, mais avec ce premier confinement, tu t’es fourvoyée et corrompue sur bien des aspects.

Était-ce suffisant ? Non, tu as largement récidivé.


Vint alors l’heure du déconfinement. Ce terme inadéquat est l’entrée dans l’ère de la déshumanisation perpétuelle, de laquelle plus personne n’arrive à sortir aujourd’hui. Le début d’une tyrannie à laquelle tu as apporté ton parfait consentement (c’est d’ailleurs là l’effrayant terme qu’emploie Mgr Percerou, évêque de Nantes, pour encourager ses fidèles dans l’épreuve de cette année dans une lettre qu’il leur a adressé). Il s’en défendra, mais c’est en réalité la capitulation des hommes de Dieu devant César. C’est à ce moment là que la Conférence des Evêques de France et les « bons » catholiques, friands de leçons de civisme et de bonne tenue, auraient dû réagir pour de bon. Eux qui se targuent d’être éclairés et sages, plus encore que ces paroisses provinciales de petites gens qui s’exécutent tristement, ils ont suppliés des mesures exponentielles pour ne plus confiner la messe. Quel étrange chantage, qu’ils ont perdu d’ailleurs ! Pourtant, on ne remplace pas la liturgie par des rites sanitaires, on ne remplace pas l’amour du prochain par la défiance des autres, on ne remplace pas la communion par la distanciation sociale. On ne remplace pas plus l’eau bénite par un gel hydroalcoolique, ni la puissance liturgique par une signalétique ostentatoire. On ne remplace pas la Parole par des prophéties de malheur.

Mais tu as donné l’air d’aimer ça, à en être complètement ridicule. Je me suis évertué à te le dire, mais tu n’en avais rien à faire : autoriser ces profanations est un point de non-retour. Tu as décidé toi-même de basculer dans l’absurde alors que l’Etat ne t’en demandait pas tant. Le masque, poison véritable, était tout acquis. Mais il te fallait aussi mettre du cellophane sur tes micros, répéter tes chants en visioconférence, traiter les baptisés comme des pestiférés contaminants ou sermonner davantage ton troupeau sur la manière d’enfiler ou de retirer un masque en communiant. Pire, tu ressassais tes vieilles lubies sur la manière de communier, réveillant un débat que, malgré mon âge, je n’avais jamais eu à subir. Quand tu as publié toutes tes dispositions pratiques sanitaires lors de ce déconfinement, ta sagesse virait au pur délire, mais la folie des hommes était avec toi. Tout était propre et désinfecté dans l’Eglise, à en salir le Temple de Dieu, le sacré, les célébrations, et par là même l’âme des gens. Les messes ressemblaient pour moitié au sacrifice de Jésus, et pour moitié aux vénérations du Dieu Sanitaire. Je l’ai beaucoup répété : l’Eglise est un asile pour les hommes et un sanctuaire pour Dieu. Pourtant, tu as profané les deux.

Les hommes dans l’épreuve ont besoin de sacré. Déjà les personnes âgées ou isolées étaient ignorées, et maintenant tu as éloigné la foi populaire de sa transcendance. Au point qu’un bon tiers n’y est pas revenu : quelle nouvelle faillite à ton blason ! On ne peut servir deux maîtres, contrairement à ce que tu nous fais croire depuis des mois. La vérité la plus absolue et la plus simple, c’est que tes mille précautions sanitaires produisent l’effet contraire de l’Evangile. En cela, c’est bien plus grave que de mal lutter contre un virus.

Et je n’ai toujours pas fini.

On déconfine donc, et on découvre que les malades (les vrais) n’ont pas reçu le suivi et les soins adéquats. Ne me dis pas que tu ne l’as pas entendu : tout le monde l’a dit, tout le monde le sait. As-tu parlé pour eux ? As-tu dénoncé l’infamie qui consiste à vouloir sauver les uns (hypothétiques), en laissant dépérir les autres (bien réels) ? Qu’il en suffisait de tyranniser les gens pour un virus alors que d’autres étaient directement menacés de centaines d’autres pathologies, certaines bien plus graves ? Tu n’as rien dit, car c’eut été trop audacieux, trop conforme à l’évangile, et trop risqué peut-être ?

L’Eglise n’a-t-elle rien d’autre que sa boutique à tenir ? Les malades ne sont-ils pas aussi de ces fragiles dont la préoccupation évangélique est première ? Mon Dieu, que Lourdes a été meurtri de ton zèle hygiéniste, salissant chaque espace de tes consignes sanitaires, caution ultime au gouvernement, et déclenchant l’annulation du voyage de 80% des pèlerins, dont combien de malades véritables empêchés de rejoindre l’Immaculée Conception, le jour de son Assomption. Est-ce là le fruit de ta vertu ? Priver Marie de visiter les malades ?

Tu feins de l’ignorer, car tu leur fais honte : les catholiques de renom qui nous ont précédés n’ont jamais craint de les côtoyer. Aussi, la vraie spécificité évangélique va à l’exact inverse de la période que nous traversons. Accueille le malade chez toi. Considère-le. Touche-le. Accompagne-le. Visite-le. C’est un risque pour toi mais c’est cela, le risque même de la charité évangélique. Dépasser cette peur et dépasser ce risque, pour porter du fruit : c’était trop pour toi. Tu as préféré resté planqué dans tes conventions et tes mondanités.

Les personnes âgées, isolées, ou malades furent les victimes de ce gouvernement. Etait-ce assez pour que tu t’indignes ? Toujours pas.


Ce monde a prôné continuellement de Mai à Septembre 2020 la peur, le risque zéro, les croyances dans une épidémie aux multiples visages, qui surplombe tout autre risque de la vie. Cette simple perception du monde est elle aussi aux antipodes de l’évangile et de la vérité, et terriblement malsaine. Elle réveille chez les gens des attitudes de défiance, de délation, d’irrespect et de tyrannie collective.

Je vous le dis, à vous mes amis : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et après cela ne peuvent rien faire de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne. Oui, je vous le dis : c’est celui-là que vous devez craindre.

Est-ce que l’on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous ? Or pas un seul n’est oublié au regard de Dieu. À plus forte raison les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez sans crainte : vous valez plus qu’une multitude de moineaux.

Luc 12, 4-7


Voilà pourtant un évangile plus que clair. Bien sûr, on ne se contrefiche pas de ce qu’il advient aux gens, ni à la santé du corps. Simplement, elle n’est pas notre finalité ultime, pour nous chrétiens, et certainement pas au détriment de l’évangile. Dans un flux continuel où l’homme n’est plus qu’une machine biologique à préserver, ce sont tous les aspects qui transcendent ce corps qui sont oubliés, du sport à la culture, et de l’éducation au culte. Pendant tout ce temps, rien n’a été assez grand pour échapper à la suprématie du corps qui ne devait plus tomber malade. Conception anti-chrétienne de l’être, vous aviez là encore une occasion de parler, appuyé par la médecine moderne qui sait que la santé ne se résume plus à se focaliser sur le corps seul, mais à y intégrer toutes ses composantes. Pourtant, vous n’avez rien dit. On a masqué les gens dans les lieux clos : vous n’avez rien dit. On les a masqués dans les lieux ouverts, en dépit du bon sens : vous n’avez rien dit. Avec des auto-attestations, sommet de bêtises : vous n’avez rien dit. Trop risqué sans doute quand l’aliénation gagne réellement et concrètement les gens, jusqu’à vos propres fidèles. Votre sagesse vous a conseillé de vous taire, sans doute dans l’idée illusoire que tout ceci serait temporaire. Mais quand on se fourvoie, un jour est comme mille ans.

Alors, combien de fourvoiements avant de réagir ? Trop peu, toujours. Continuons.


Voici donc la rentrée des classes, et les enfants en ligne de mire. Il est des êtres particuliers dans la société qui n’ont pas à payer ni à porter les égarements des adultes. C’eut été sage de le prendre en compte avant de décider, en dépit du bon sens, et sans nécessité sanitaire, de masquer tous les élèves du collège et du lycée. La mesure était tellement idiote que j’ai pensé, un instant, qu’elle se résorberait d’elle-même, la raison ayant peut-être encore un espace de liberté. Après des années de pédagogie où l’enfant devait être au cœur, comment aurions-nous pu les mépriser autant, les couper de l’apprentissage et de l’éducation ? Le masque, pollution permanente et omniprésente, n’est même pas pour les protéger, eux qui sont tant épargnés par ladite épidémie. Alors arrive la salubrité extrême de notre époque moderne qui met en concurrence les êtres sur lesquels on doit veiller : doit-on protéger les vieux (on a vu que non) et traiter mal les enfants ? Ou doit-on préserver les enfants en consentant un certain risque pour les plus vieux ?

C’est cynique et c’est laid. C’est pourtant désormais le chantage, appuyé par de nombreux mensonges sur les risques réels de propagation dans les populations les plus jeunes. On a choisi, sans même en débattre : on masquera les enfants, continuellement, 10 heures par jours pour certains, dans des protocoles ubuesques où d’autres doivent manger dès 11h30 pour réguler le flux infernal du repas sans prendre aucun risque. Lequel ? On ne sait plus bien, mais qui s’en préoccupe ? On officialise leur maltraitance à coups de prêt-à-penser hygiénistes, et de défiance toujours continue de l’autre qui, s’il est asymptomatique, en devient un danger de contamination bien plus sournois qu’une personne réellement malade. La raison a définitivement foutu le camp.

C’est un monde qui se prétend sage et qui est devenu givré. Trois mois plus tard, les élèves ne s’habituent pas. Seuls les adultes s’habituent à l’idée qu’ils le tolèrent très bien. Un tel degré de mensonge collectif donne la nausée, et fait craindre le pire. Qui parlera pour eux ? Personne. Certainement pas, du moins, la Conférence des Evêques de France ou tous ces catholiques sages et modérés. Ces mesures irrespectueuses de nos enfants sont considérées comme nécessaire pour une épidémie qui ne daigne même pas provoquer de surmortalité en France.

Voilà comment l’Evangile a été piétinée pendant de nombreux mois, en dépit du bon sens, et surtout en dépit du réel et de la vertu. Pour parfaire le tableau, indigeste déjà en bien des points, il fallait insulter la raison, bien que cela ne te dérange point depuis de nombreuses semaines. On a inventé le couvre-feu pour lutter contre des virus. Je laisse de côtés ceux qui croient en cette absurdité, leur foi n’est pas la mienne. Bien entendu, cela provoque encore plus d’isolement et de misère, mais là encore, qui s’en préoccupe ? A quel moment des prélats catholiques estiment qu’un pouvoir se moque suffisamment de l’intelligence des gens pour leur dire d’arrêter leurs absurdités ? Est-ce donc si difficile d’affirmer de telles évidences pour le pousser dans ses retranchements ? Un décisionnaire politique qui impose un couvre-feu contre un virus est un fou, et un tyran. Il doit voir se dresser devant lui les voix de la raison et de la sagesse.

Avez-vous parlé ? Non, bien sûr. S’offusquer, jamais. Consentir, toujours.


Dieu merci, cela fut de courte durée : on passa vite au reconfinement. Mêmes causes, mêmes effets : rien qui ne concerne l’épidémie, qui s’échappe d’elle-même comme la première, mais toujours plus d’effondrement économique, de misère, d’isolement, de défiance aussi entre les gens. Nous avons même expérimenté la folie furieuse du paroissien qui nous expulse de l’Eglise le jour même de la Toussaint : nous ne portions pas le masque… Toute cette folie devient une religion, qui régente nos vies et nos relations. Bien qu’on en parle tout le temps, plus personne ne peut dire du mal du masque, plus personne ne peut dénoncer l’absurdité de tout ça. Ceux qui se sont tus depuis des mois sont eux-mêmes piégés : il est douloureux de brûler ce qu’on a adoré.

Les plus jeunes enfants ne seront pas épargnés désormais. On les masque (encore lui, comme si plus rien ne se résorbait sans ce tyran exigeant), eux dont la certitude est telle qu’ils ne sont un danger pour personne, au point de devoir user plus encore de culpabilisation et de manipulation pour imposer cette ignominie. Les plus jeunes enfants : tout le monde s’en fout. Les parents qui se révoltent sont dénoncés au rectorat. Les médias n’en disent pas un mot. Leur scolarité vire au grand n’importe quoi, mais chacun étant en train de sombrer dans son propre puit, plus personne ne regarde les plus fragiles, pas même quand ce sont des enfants.

L’Eglise, empêtrée dans son contrat de confiance entre l’Enseignement Catholique et l’Education Nationale ne peut pas prendre de risque : elle s’exécute au cordeau, plus stricte encore que les écoles publiques elles-mêmes. Les évêques ne s’alarment pas de masquer les enfants de nombreuses semaines, malgré les nombreuses publications et alertes des professionnels sur ce sujet ; les écoles ne peuvent prendre le risque de désobéir. On se fiche là encore des plus fragiles : chacun sauve ses fesses dans une chaîne de responsabilité pénale qui vire au totalitarisme judiciaire. Comme toujours dans ce qui est ignominieux, ce sont les plus fragiles qui trinquent : des enfants aux pathologies multiples, qui demandent à voir le visage pour apprendre, comprendre, communiquer, progresser, ou simplement pour respirer normalement. On se fiche tout autant des enseignants qui doivent gérer cette pollution au quotidien. Les faits sont là : tout le monde s’en fout. L’Eglise Catholique aussi.

J’ai demandé aux Associations Familiales Catholiques pourquoi ils ne parlaient pas de ce sujet, pour protéger le enfants. Voici leur réponse :

Les AFC sont sensibles à tous les sujets qui concernent la famille et donc bien évidemment les enfants. Sur ce sujet précis dont nous avons immédiatement identifié les risques, nous nous sommes d’abord renseignés sur les possibles effets du port du masque pour les jeunes enfants sur les plans tant physiques que psychologiques et, ensuite, avons été particulièrement attentifs aux remontées des familles dès les premiers jours de la rentrée des vacances de la Toussaint, pour observer d’abord la réalité.

Il ressort des avis de médecins comme de l’INSERM qui se sont exprimés sur cette question que le port du masque ne fait pas courir de risque aux enfants. Le masque est en effet conçu pour laisser passer l’oxygène dans l’organisme. Pour autant, nous sommes conscients qu’il peut exister pour certains enfants un effet de gène, une tentation de repli sur soi voire un impact sur leur moral, et plus simplement une difficulté à transmettre des connaissances à cet âge lorsque le visage de l’élève comme de l’enseignant sont masqués. Par ailleurs, nous ne pouvons pas nier que le virus circule dans les écoles et entre les familles et que le port du masque est aussi ce qui permet aujourd’hui aux enfants de continuer à aller à l’école et de mener une vie sociale quasi normale, ce qui est précieux.

Mais surtout, renseignements pris précisément, il nous est apparu que la très grande majorité des familles qui craignaient les effets de cette mesure contraignante ont finalement constaté, après quelques jours, que leur enfant n’en souffrait peu voire pas, hormis quelques cas très particuliers. Pour votre information, certaines écoles envisagent de se doter de masques transparents.

A la lumière de tous ces éléments, nous n’avons en effet pas pris de position publique sur une mesure qui certes ne nous réjouit pas, mais dont les effets réels se sont révélés moindre que ceux qu’ils pouvaient laisser craindre.

Pour les AFC, circulez donc. Il n’y a rien à voir, sauf un virus. Il faut solliciter l’INSERM pour estimer une mesure qui ne les protège même pas. Les AFC ont tellement enquêté qu’elles ignorent que les enfants de 0 à 9 ans ont un taux d’incidence de 3 à 12 fois moins élevé que le reste de la population, et ce partout en France, quelles que soient l’intensité des tests ou leur fiabilité. Elles cautionnent sur la base d’un mensonge ce qui ne peut être qu’un handicap pour leur concentration et leur apprentissage, au minimum, au motif que la majorité des familles ne s’inquiètent pas outre mesure des effets. La question est plus que vite réglée. On masquera donc durablement les enfants (dès 6 ans !), sans que cela n’interpelle des associations catholiques, ni l’Eglise. La question du masque, toujours aussi contraire à l’évangile, est moins stimulante à défendre que l’enfant à naître… J’ai cru, naïvement, que les deux allaient de pair. Mais non, les parents se débrouilleront, l’enfant s’adaptera. Il demandera l’autorisation pour pouvoir respirer s’il en a besoin. On leur a affirmé que tout irait bien. Ce sera donc le cas, de gré ou de force.

Empêcher les gens de respirer normalement, ceci est dément, bien que cela ne choque plus personne.

Difficile de se voiler la face autant. L’enfant n’est d’ailleurs pas vraiment la question, l’essentiel pour les AFC étant que la majorité des familles se soient rangées aux avis du plus grand nombre.


Pas une des populations les plus fragiles de notre société n’aura été épargnée. Le tableau est ainsi parachevé. Les catholiques, obéissants, laissent faire, en dépit du trésor qu’ils possèdent en leur main, cet Evangile qui percute violemment les égarements de cette année 2020.

Terrible constat de voir que ceux qui ne jurent que par les racines chrétiennes de la France ne savent même plus s’enraciner dans l’Evangile. A quoi nous servent nos racines si nous refusons d’en porter la sève, les feuilles et les fruits ? Face à Dieu : à rien.


Alors qu’on croyait cette église de prélats et de notables définitivement inertes dans un contexte si nauséabond et aux antipodes de l’évangile, voici qu’ils se sont réveillés, le temps d’un sursaut. L’Etat ayant décidé de limiter la reprise du culte à condition que chaque célébration se limite à 30 fidèles, voilà qu’ils ont considéré ceci comme un affront et un scandale bien plus grand que tout ce qui précède.

A la surprise générale : ils ont parlé !

« C’est une insulte aux catholiques. », disent-ils.
Comme c’est pathétique, après avoir ignoré tant de personnes fragiles avant eux.

D’une part, ils contestent l’absurdité de la mesure (eux qui en ont pourtant consenti et produit tant d’autres). D’autre part, ils revendiquent une liberté bafouée, après avoir bassement méprisé toutes les autres des mois durant.

Cerise sur le gâteau, les AFC s’unissent au dépôt du référé-liberté pour contester cette mesure concernant le culte. Histoire de signer un peu mieux leur impudence, et piétiner un peu plus les enfants dont le simple besoin de respirer leur semble le plus normalement du monde contestable.

Je suis satisfait que le référé est abouti, et qu’ils aient obtenu gain de cause. Cependant, ce ne sera que partie remise, tant un gouvernement ne saurait respecté une Eglise aussi aplatie et consentante.

Mais qu’elle ne se détrompe pas : avant l’état, l’Eglise de France s’est méprisée elle-même au plus haut point, car il n’est aucune indication plus éloquente de la force de l’Evangile en nous que le sort que l’on réserve aux plus fragiles et le zèle qu’on met à les défendre. Elle a préféré garder son zèle pour sa paroisse, les fragiles évoqués dans cet article n’étant jamais suffisamment attaqués. L’Eglise en est devenue veule et corporatiste, laissant livrés à eux-mêmes les fidèles qui aimaient Dieu et leur prochain assez pour refuser la tyrannie déshumanisante qui s’instille en ce moment. Elle a fermé ses yeux, ses oreilles, sa bouche et donc son cœur aux turpitudes du pouvoir et du monde qui se perd. Elle s’est dressée seulement pour ce qui la concerne directement, bien qu’elle s’en défende. C’est petit, et vilain. C’est aussi désespérant que lorsqu’elle refuse de se laisser convertir par Dieu, et de ne pas faire face à ce gouvernement qui ne se contrôle plus. Car il pourrait lui échapper qu’en une période telle que celle que nous traversons, où il n’existe désormais plus de contre-pouvoir face à ceux qui nous gouvernent, l’Eglise puisse en être le dernier rempart au service du Bien Commun et des plus fragiles, et dont le seul programme, celui de l’évangile, est d’anéantir toute distanciation, pour retrouver sans jamais le craindre mon prochain (quel terme plus éloquent ?).

La boussole de l’évangile est sans appel : quand ce sont ces prochains (et non des gens là-bas quelque part) qui trinquent le plus, alors on s’éloigne au plus du message de Jésus pour les hommes. C’est là que devrait pleinement se déployer toute la spécificité de l’Evangile, en pleine contradiction avec les réflexes archaïques du monde. C’est là où la loi des hommes s’efface devant la loi de Dieu, et c’est là que l’homme n’est plus fait pour la loi, qu’elle soit le Sabbat ou le masque. Sans doute que lutter contre des mesures sanitaires et un masque ne fait pas rêver les aspirations de grandeur, de sainteté et de martyre de nos catholiques contemporains, mais peut-être que ce combat aux apparences peu glorieuses est celui où Jésus nous attend. Ce petit combat de rien du tout, sans gloire et sans apparat, bien dur à brandir au CV céleste, qui pourtant épargneraient aux plus fragiles l’isolement, aux démunis la misère, aux enfants nos torpeurs et à ce pays son effondrement.

Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?”

Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”

Mt 25, 44-45

Quand je regarde ce pays et cette Eglise, que j’aime profondément, se vautrer dans autant de petitesses, j’ai le cœur qui me brûle terriblement.

A l’heure où peu de choix se présentent à nous, entre un Etat surpuissant à en régenter des achats de Sapin de Noël, le temps de promenade, la distance à parcourir, et ceux que nous devons voir ou non ; ou un basculement dans la violence durable que génèrent tant de corruptions et de mépris social, j’ai eu la naïveté de penser que l’Evangile nous sortirait par le haut de cette impasse. Mais là encore, Il ne peut rien sans ceux qui en témoignent.

J’accuse les clercs français d’avoir été mondains, veules et corporatistes. J’accuse les catholiques bourgeois d’avoir été mièvres, égocentriques et naïfs. Il fallait parler, et ce depuis des mois, au nom de tous ces pauvres gens que l’hystérie sanitaire accable, et empêcher la tyrannie du monde qui s’offre maintenant à nous.

Vous le saviez : malheur à vous si vous n’annoncez pas l’Evangile.
Et à cela, il n’est jamais trop tard.

Pierre Martineau