Je ne devrais pas écrire cet article et personne ne devrait vraiment en parler. L’action des Femen du 25 décembre dernier est basiquement dans le registre des infractions rebelles d’un collégien ou d’un lycéen. Une bravoure de pacotille et un fait d’armes d’adolescentes. Même au Vatican, enlever son chaperon, courir à vive allure, arborer ses tétons, brandir un Jésus de plâtre, puis se faire molester dans des cris immodérés de sauvageonnes : tout cela n’a rien d’un acte de bravoure et ne présente que peu d’intérêt. Nombre d’étudiants auront montré leur derrière en soirée pour exister un peu, et l’exploit des Femen ne trouve en réalité que ce genre d’énergumènes comme potentiels rivaux.

Du moins, cela devrait en rester là si leurs sempiternelles exhibitions ne trouvaient à chaque fois le bon photographe de l’AFP miraculeusement présent au bon moment. Un relais qui s’ensuit de la bonne dépêche, calibrée, répandant le parfait élément de langage pour qu’aucun autre journaliste ne pouffe sa consternation avant eux. Entrent alors en scène les éloquents politiciens pour donner un semblant de sens à leur action, et d’excellents avocats pour leur épargner toute condamnation digne de ce nom. Bref, un petit numéro de communication d’autant mieux huilé que les protagonistes ne se limitent pas à des pimbêches écervelées, mais à toute une clique militante et politique. Si les Femen sont à poil, cela concerne uniquement la partie émergée : dans leur froc se cachent cette armada d’idéologues, de financiers, de politiciens, de journalistes, d’avocats, et tout ce qu’il leur faut pour affronter les simulacres de batailles d’honneur qui s’ensuivent. Car tout au début, quoi de mieux que d’apparaître à poil pour feindre d’être chétive ?

Tout le monde le sait : les Femen mènent des actions stupides, et les femmes ne tirent aucune gloire de ce féminisme sectaire. Elles n’ont aucun courage, excepté les quelques femmes qui en sortent et osent parler de ce qu’est vraiment ce mouvement. C’est une chienlit de plus dans une démocratie, comme le sont les antifas, les No Borders et autres mouvements extrémistes, tous du même bord. On ne s’étonnera pas qu’ils se fréquentent et se connaissent si bien.

Cependant, les Femen sont le symptôme de ce qu’il y a de très méprisable dans ce monde contemporain. Nous sommes plutôt dans le Mordor que la Terre du Milieu ; et là, le seigneur George Soros tient parfaitement son jeu. L’idéologie, il l’a ; le fric aussi. Les Femen n’auraient rien à exhiber sans le prince des ténèbres et son influence argentée. C’est triste, mais c’est ainsi : l’argent peut tout. Si tout le monde doit supporter le spectacle affligeant de ces filles perdues, c’est parce que quelques énergumènes (et surtout un), là-haut, ont décidé que son combat serait le leur, et que vous en subiriez la vulgarité et la vacuité tant qu’il en aurait envie. Un riche déjanté, qui corrompt de pathétiques pantins activistes, politiciens, journalistes ou avocats qui croient (peut-être ?) défendre une noble cause.

Certes, sa dynastie n’est pas bâtie sur du sable, mais un tel seigneur qui dégote, entretient et règne sur de telles andouilles a-t-il quelque point commun avec elles ? En tout cas, il y a peu de chance qu’on… détrône un tel roi.

Pierre Martineau

(article initialement paru le 28/12/2017 sur Boulevard Voltaire)

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